Accueil du site > Diffusion > Copies non conformes - Cécile Babiole

De février à mai 2014, la lettre sera à l’honneur à la médiathèque Boris Vian de Tremblay-en-France : lectures, ateliers, rencontre autour des nouvelles formes d’écriture mais aussi l’installation Copies non conformes de Cécile Babiole à voir dès le 8 mars, une exposition d’Art postal à découvrir à partir du 8 avril et enfin un moment inoubliable avec la pièce Inconnu à cette adresse d’après l’œuvre de Kressmann Taylor.

Cécile Babiole

Invitée cette saison à l’Espace Jean-Roger Caussimon, Cécile Babiole est une artiste active dès les années 80, dans le champ musical d’abord, puis dans les cultures électroniques et, aujourd’hui, numériques. Elle associe dans ses créations arts visuels et sonores à travers des installations et des performances qui « interrogent avec singularité et ironie nos systèmes de représentation ». Image, son et interactivité sont constitutifs de sa pratique.

De dispositifs performatifs aux dispositifs impliquant le public, elle questionne de plus en plus les technologies et tente de transposer de façon détourné des usages normés dans le champ de la création. L’industrie transparaît en filigrane de l’ensemble de son œuvre : concerts de machines à coudre ou de moteurs, installation dans un bus ou dans une mine, impressions 3D, Cécile Babiole s’approprie un registre machinique et une culture de masse pour en tirer une confrontation entre créativité et déterminisme, usages passés et présents, techniques passées et présentes. En cela, elle porte un regard singulier sur les nouvelles technologies qui répondent à la critique nécessaire et constructive de la technoformation de la société.
L’installation Copies Non Conformes met en scène l’érosion et les mutations à l’œuvre dans l’opération de reproduction.

Ici, il s’agit de 17 caractères typographiques formant les mots : « JE NE DOIS PAS COPIER ». La formule s’inspire des punitions de mon enfance qui consistaient à faire recopier 100 fois et manuellement des phrases sentencieuses du type « Je ne dois pas bavarder en classe ».

Toutefois, ce n’est pas à la main que la phrase est recopiée, mais en utilisant un procédé de fabrication numérique : chacun des signes est modélisé et imprimé en 3D, puis l’objet résultant est numérisé grâce à un scanner 3D. Ce nouveau modèle est ré-imprimé, et, ainsi de suite, un certain nombre de fois en boucle. Chaque génération accentue la dérive des formes jusqu’à ce que les derniers objets reproduits soient devenus méconnaissables. Sur le plan plastique, l’imprimante et le scanner sont détournés de leurs fonctions habituelles pour être transformés en véritables générateurs de formes impossibles à obtenir autrement : selon les opérations, il y a perte ou gain d’information, et donc distorsion des formes.

On peut interpréter cette pièce comme l’expression d’un des paradoxes de notre culture numérique : la reproductibilité infinie des informations s’accompagne d’une fragilité maximale des supports. Dans ce sens, c’est une forme de vanité numérique, un travail sur la ruine au sens où Hubert Robert l’entendait en 1796 avec Vue imaginaire de la galerie du Louvre en ruines, tableau peint alors que la galerie du Louvre était en cours d’installation.

Le titre de cette œuvre est choisi d’après le titre français d’une nouvelle de Philip K Dick Pay for the printer, (octobre 1956) qui raconte comment après un cataclysme nucléaire, les humains doivent leur survie à l’apparition d’extraterrestres, les Biltongs, qui possèdent le pouvoir de dupliquer tous les objets du quotidien, voitures, montres, nourriture... Malheureusement les Biltongs sont de moins en moins opérationnels et les copies de plus en plus mauvaises, jusqu’à devenir inutilisables...


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