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by Rama Rchoetzlein, août 2009

Cet article, issu à l’origine de diverses prises de notes, se contente au final de compulser trois approches d’une théorisation de l’histoire de l’art et des nouveaux médias.

Quelle est l’histoire de « l’art des nouveaux médias » dans l’art ?

Je commencerai ainsi par les basiques d’Olats écrits par Annick Bureaud en 2004 que je ne ferai ici que citer : Quelle est l’histoire de « l’art des nouveaux médias » dans l’art de la seconde moitié du XXe siècle ?.

« L’art des nouveaux médias s’inscrit dans une histoire de l’art des médias technologiques mais aussi dans un ensemble de courants et de mouvements artistiques autour des années 60 dont il a fait partie et dont sont issus des concepts qu’il a contribué à définir et que nous retrouvons aujourd’hui.

D’une manière schématique, on peut distinguer deux approches dans les analyses théoriques de l’art des nouveaux médias.

La première dresse une filiation avec la photographie et le cinéma, considérés comme les premiers médias « techniques » dans l’art, ceux qui introduisent une médiation entre la main – le geste – de l’artiste et l’œuvre. L’appareil, l’instrumentarium, y « fait » l’œuvre tout autant que l’artiste. À cet égard, les écrits sur l’objectif de l’appareil photo ou de la caméra comme substitut à l’œil et sur l’aspect mécanique de la prise de vue sont nombreux. Ce courant est illustré par des auteurs comme Michael Rush qui fait référence aux travaux de Muybridge, Marey ou Eisenstein et Lev Manovich qui établit des rapprochements très élaborés avec l’avant-garde russe et surtout le cinéaste Dziga Vertov.

Cette approche, aussi intéressante soit-elle, me paraît rencontrer des limites. Photographie et cinéma

traitent certes du temps (temps « mort » et figé de la photographie, le « ça-a-été » de Barthes, temps en mouvement du cinéma) mais ils restent dans l’image. Cette dernière est maintenue comme finalité en soi, comme but de la création et analysée en tant que telle, avec des critères pertinents pour la photographie ou le cinéma mais qui le deviennent nettement moins dans le cas de l’art « multimédia » (la notion de collage ou celle de montage par exemple). Par ailleurs, dans beaucoup d’œuvres d’art des nouveaux médias, l’image n’est plus une fin en soi. Elle devient une composante de l’œuvre, au même titre que d’autres éléments, elle est une lettre d’un nouvel alphabet qui n’est plus seulement visuel, ce dont peine à rendre compte cette approche. Tout comme l’objet fini, l’image finie et immuable n’est plus le seul modèle de la création.

Une autre approche, qui s’ancre dans la cybernétique, dans l’idée du traitement du signal, du traitement de l’électron, du flux me semble offrir des outils conceptuels plus appropriés pour conduire une analyse esthétique et théorique de l’art des nouveaux médias. On y retrouve, entre autres, des auteurs comme Roy Ascott. Le lien technologique historique se fait alors avec des médias de communication (comme le téléphone ou la radio) et non avec des supports d’inscription des œuvres.

Cette seconde approche, qui permet notamment de mieux appréhender les installations ou encore des œuvres sur Internet dans lesquelles l’image est présente mais seconde, ouvre à l’instable, aux systèmes dynamiques et à l’appréhension de l’œuvre comme processus.

Une contextualisation de l’histoire de l’art et des nouveaux medias

« Il y a encore beaucoup de nouvelles formes d’art utilisant les nouveaux médias largement méconnues et relativement invisibles du grand public, alors qu’elles s’inscrivent dans l’histoire des arts depuis plusieurs décennies : sculpture cinétique, art de l’information, art organique et algorithmique, art interactif, machinima et game design... Je crois que cela est largement dû à un manque de contextualisation et d’absence de théorie générale sur les arts et les nouveaux médias. »

Dans sa pratique, Rama Rchoetzlein associe art et recherche, notamment dans les domaines de l’image et de l’intelligence artificielle. C’est en 2009 qu’il commence à diffuser sur son blog ses recherches quant à l’histoire de l’art et les nouveaux médias, posant tout d’abord la question « Qu’est que l’art des nouveaux medias ? » (1er schéma).

Poursuivant ses recherches, Rama Rchoetzlein réalise par la suite cette incroyable frise (2e schéma) qui a pour ambition de retracer l’histoire de l’art et des nouveaux médias depuis 1900, à travers théorie, art, industries culturelles, politique et science.

Cliquer sur les images pour une visualisation des schémas dans leur taille originale.

Des clés de lecture pour que chacun puisse comprendre et analyser

Plus récemment, Dominique Moulon publie Art contemporain nouveaux médias aux nouvelles éditions Scala. Ce livre met en présence une centaine d’œuvres induisant l’usage des nouveaux médias – réalisées pour la plupart dans les années 2000 – tout en donnant des clés de lecture pour comprendre et analyser le travail de ces créateurs.

Depuis la fin des années 80, de nouvelles pratiques artistiques se sont multipliées en même temps que les technologies du numérique. Ces artistes, qui commencent aujourd’hui à être reconnus sur la scène internationale de l’art contemporain, ont investi des territoires entièrement nouveaux en utilisant les technologies numériques : capteurs sensoriels, bases de données, robots, mondes virtuels, dispositifs immersifs, jeux, réseaux sociaux, réseaux de surveillance, virus informatiques…

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Art contemporain nouveaux médias (extrait)

Par ailleurs, en raison de la nature même de ces supports, ils ont replacé le spectateur au centre des préoccupations artistiques, en s’intéressant notamment à la notion de relation, ainsi qu’aux problématiques sociales et environnementales.


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