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Alternant temps de tournage, temps de création in situ et temps de rencontres et d’ateliers avec les élèves du collège Jean-Jaurès, Samuel Aubin s’inscrira dans la vie de ce dernier de septembre 2009 à avril 2010. Accompagnés dans cette résidence par la Maison populaire, quelques résonances du projet de Samuel Aubin au sein de la communauté scolaire ainsi que le travail effectué par les collégiens sont proposés au fil du temps sur un site alimenté par l’ensemble des acteurs.

Filmer dans un contexte de voyage, parfois dans des pays qui imposent une grande discrétion, toujours avec de fortes contraintes linguistiques, m’a initié à une méthode de travail, une forme de réalisation en homme orchestre qui contribue à une esthétique, une singularité visuelle propre à cette démarche.

Le site C’est par là... est une carte imaginaire, une carte du tendre dont l’esthétique s’inspire des cartes géographiques modernes et anciennes, mais aussi des plans que l’on trace pour expliquer une route à quelqu’un, de tout ce que disent les chemins, les routes, les localités, les fleuves... Il sera alimenté au fil du tournage en séquences montées, c’est aussi le tracé de la carte qui se précise et s’agrandit. La géographie du voyage s’étend, la matière s’enrichit, la carte prend donc la mesure de cette émancipation.
Samuel Aubin au collège Jean-Jaurès

Alternant temps de tournage, temps de création in situ et temps de rencontres et d’ateliers avec les élèves du collège Jean-Jaurès, Samuel Aubin s’inscrira dans la vie de ce dernier de septembre 2009 à avril 2010. Une occasion pour les collégiens de la classe de sixième Arts plastiques, de la classe Relais et de la classe de 3e Européenne de s’inscrire quant à eux dans un processus de création par le tournage, le montage et la restitution d’objets cinématographiques dans l’espace et sur le web.

Ce projet s’inscrit dans le cadre des résidences de création artistique in situ impulsées par le Conseil général de la Seine-Saint-Denis. À ce titre, il bénéficie du soutien financier du Conseil général.

Le projet C’est par là...

Un homme récolte des histoires d’amour avec sa petite caméra pour les donner à une femme qu’il veut rejoindre à Hiroshima.

Le film et le site internet tiennent dans cette phrase. De cet argument découle le processus de fabrication, de ce postulat l’objet se cherche et trouve sa forme. Un homme récolte des histoires d’amour avec sa petite caméra...

Je prends la route qui va de la France jusqu’au Japon. Je pars avec ma caméra-stylo. Les Balkans, la Grèce, la Turquie, l’Iran, l’Asie Centrale, la Chine d’Ouest en Est. En route, je dis aux personnes rencontrées que je récolte des histoires d’amour et que je vais à Hiroshima. C’est tout. Presque à tous les coups ils me parlent de leur histoire, de celle d’un autre, d’un film, d’une chanson, d’un poème. Et une constellation de l’amour se dessine.

Documentaire, oui. Mais pas forcément documentant.

... pour les donner à une femme...

Je m’adresse à cette femme, je lui parle au cours de ce voyage. J’ai quelque chose à lui dire. Et comme je ne sais pas exactement quoi, comme je ne sais pas comment le dire, je filme.

Ce que filme ma caméra, ce n’est pas ce qu’elle voit, c’est ce que je ressens. C’est comme ça que je filme, c’est comme ça que je parle à cette femme d’Hiroshima : ma caméra filme mes sentiments.

... qu’il veut rejoindre à Hiroshima.

Au bout du voyage, il y a cette femme ? Le film le dira. Il y a cet horizon, Hiroshima, il y a ce hors-champ, la femme. Et il y a toute cette matière récoltée, un film qui peut enfin se construire.

Documentaire, poésie visuelle, autofiction, ce film est une histoire qui raconte un périple intérieur, un questionnement sur l’avenir de l’humanité dans son rapport au désir, à l’autre, au don de soi, au don du rien.

Quel rôle pour la structure culturelle associée ?

« La résidence d’artiste en milieu scolaire est le moment privilégié d’une relation à concevoir entre le monde éducatif et un artiste, au moment même où celui-ci élabore un projet artistique au sein de l’établissement qui l’accueille. »
Actes des Rencontres nationales des Résidences d’artistes plasticiens en milieu scolaire, novembre 2007

En la matière, il n’y a pas de résidences dont les lignes ne seraient pas à dessiner. Comme dans un processus de création, la relation entre un artiste, une communauté scolaire et une structure culturelle est à chaque fois à inventer. Son mortier, le désir et la motivation des personnes partenaires et leur adhésion à la philosophie du dispositif proposé : s’ouvrir aux possibles, avoir ce soucis d’aller à la rencontre des autres, porter un regard sur ce qui n’est pas capitalisable, évaluable ou tangible immédiatement.

Une résidence d’artiste en milieu scolaire sur une longue durée consiste à ménager une présence, celle de l’artiste, de sa démarche, de son œuvre, au sein d’une structure d’accueil. L’atelier de l’artiste au sein du collège devient le signe de cette présence, « à la fois intégré à la collectivité et en même temps autre, où l’activité obéit à son propre rythme et relève d’exigences différentes ».

Quel rôle alors pour la structure culturelle associée ? Il s’agit bien d’accompagner l’expression du projet artistique de l’artiste auprès de la communauté scolaire. Elle s’engage ainsi à favoriser des dynamiques qui privilégient les rencontres, les résonances entre les objectifs des uns et des autres, sans pour cela se substituer à l’artiste ou à la communauté éducative. « Respecter les temps de latence, poser quelques étapes, dessiner à certains moments des contenus. L’ensemble, basé sur une recherche de cohérence, doit soutenir sans s’imposer, dynamiser parfois, rassurer ou faciliter... »

La spécificité de la résidence menée ici se situe principalement dans l’alternance entre présence et absence de l’artiste au sein de la communauté scolaire, de ces temps condensés de préparation in situ et de ces temps plus ou moins longs de tournages à l’étranger. Comment dès lors maintenir le lien à distance, garder signe de la présence ? Ce site s’inscrit en parallèle aux résonances in situ, permettant de faire lien autrement, de transposer « l’espace atelier ».

Source : Actes des Rencontres nationales des Résidences d’artistes plasticiens en milieu scolaire, novembre 2007


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