Accueil du site > Blog > Les « nouveautés » du 1er janvier

Pour entamer l’année, ce premier article compulse quelques « nouveautés » présentées un 1er janvier et qui ont, à leur manière, marqué le temps.

1er janvier 1801 : Découverte de l’astéroïde Cérès

C’est le 1er janvier 1801 que l’astronome italien Giuseppe Piazzi découvre le premier astéroïde, Cérès. On en dénombre aujourd’hui plusieurs centaines de milliers. Il écrit alors dans son journal : « sa lumière était faible, de l’ordre de la magnitude 8, avec une couleur identique à celle de Jupiter. J’ai commencé à douter qu’il s’agisse d’une étoile en constatant son déplacement les soirs suivants. » Giuseppe Piazzi est convaincu d’avoir découvert une nouvelle planète mais par prudence il annonce qu’il s’agit d’une comète. Cérès est l’un des deux plus grands corps de la ceinture principale d’astéroïdes, orbitant entre Mars et Jupiter.

1er janvier 1880 : Présentation publique de l’ampoule à incandescence

Tomas Alva Edison présente la première ampoule à incandescence au public américain émerveillé, ampoule qu’il a réussi à faire fonctionner pour la première fois le 20 octobre 1879 dans son laboratoire de Melo Park dans le New Jersey. Après avoir testé 6 000 substances végétales envoyées chercher dans le monde entier, il utilise en guise de filament un bambou du Japon dans une ampoule sous vide alimentée par de faibles voltages. En se carbonisant, le bambou relié à deux fils de platine conducteurs de l’électricité produit une lumière électrique. Sans être les inventeurs de l’ampoule électrique, son équipe et celle de Joseph Swan ont apporté une contribution essentielle au développement industriel de l’ampoule à incandescence.

1er janvier 1914 : Inauguration du premier service régulier de passagers au monde

À l’origine du projet, Percival Fausler inaugure la ligne aérienne Saint-Petersbourg–Tampa (Floride), constituant le premier service régulier de passagers au monde sur une petite trentaine de kilomètres, une liaison effectuée à bord d’un hydravion. Pour ce premier vol d’ouverture du service entre les deux villes américaines à travers la baie de Tampa, c’est le pilote Anthony Jannus qui prend les commandes d’un appareil Benoist XIV, pour un voyage d’une durée d’une vingtaine de minutes seulement. Partis à 10 heures de Saint-Petersbourg, Jannus et son passager A.C. Pheil ont atteint sans encombre Tampa à 10 h 23, un voyage bref mais historique qui valait bien le coup de dépenser 80 fois le prix du billet de base fixé à seulement 5 dollars.

Après ces trois « nouveautés » de près ou de loin liées aux sciences et aux évolutions techniques, petit tour du côté des médias.

1er janvier 1777 : Parution du premier quotidien en France

Fondé par Antoine Cadet de Vaux, Jean Romilly, Olivier de Corancez et Louis d’Ussieux et imprimé sur quatre pages, le Journal de Paris est publié pour la première fois. Le journal couvre l’actualité littéraire, signale les spectacles du soir, relate quelques faits divers parisiens et des anecdotes sur des personnages en vue. Il donne également des informations pratiques. Répondant à une réelle demande du public, le quotidien rencontre un grand succès. À la Révolution, les articles politiques se développent et influent sur la vie du journal. Ses comptes-rendus des assemblées sont reconnus parmi les meilleurs mais les Montagnards qui le jugent dangereux mettent ses ateliers d’imprimerie à sac dans la journée du 10 août 1792. Le quotidien ne reprend ses publications que le 1er décembre de la même année et s’éteindra en 1840.

1er janvier 1955 : Lancement d’Europe n° 1

C’est sous le nom d’Europe numéro 1 que Charles Michelson et Louis Merlin lancent leur projet de radio « périphérique » basée dans la Sarre. Le 1er janvier 1955 à 6 h 30 le « Bonjour l’Europe » de Suzanne Gabriello et André Rabs ouvre l’antenne... pour la fermer une demie heure plus tard, son émetteur brouillant le radio-phare de Genève. Commence alors une course poursuite : faute de fréquence propre Europe n° 1 change plusieurs fois, brouillant les émissions d’autres stations européennes qui protestent. Radio Luxembourg parasitée s’indigne vigoureusement et qualifie Europe n° 1 de pirate, bien qu’elle-même ne dispose d’aucune autorisation. Pendant trois mois la station disparaît ou réapparaît selon les circonstances. Récupérant en avril la fréquence de Radio Paris,

la radio développe alors un ton nouveau en rupture avec la radio d’État ou RTL, et leurs émissions critiques ou proches de l’auditeur connaissent un rapide succès.

1er janvier 1975 : La troisième chaine devient FR3

Le 22 mars 1969, le gouvernement fait mention d’un projet de création d’une troisième chaîne de télévision : Couleur 3. L’Office de radiodiffusion-télévision française (ORTF) met en œuvre ce projet durant toute l’année 1972 sous la forme d’une chaîne à la fois nationale et interrégionale en couleur, sans publicité ni speakerine, s’appuyant largement sur les relais techniques et rédactionnels de ses stations régionales. Le 31 décembre 1972, la société nationale française de programmes de télévision lance la « troisième chaîne » française. Elle n’est alors reçue que par un quart de la population. Il faudra quatre ans à l’ORTF pour finaliser la couverture de la troisième chaîne sur l’ensemble du pays. Après la dissolution de l’ORTF, la chaîne devient France Régions 3 (FR3) le 1er janvier 1975.

1er janvier 1983 : Arpanet bascule vers le protocole TCP/IP

Le réseau Arpanet adopte définitivement un mode de fonctionnement qui sera la base d’Internet, le TCP/IP. Ce système, développé notamment sous l’impulsion de Vinton Cerf dès 1973, permet d’interconnecter des réseaux différents contrairement à la solution NCP utilisée jusqu’ici par Arpanet. Le protocole TCP/IP est intervenu progressivement sur le réseau et avait connu une mutation importante en 1978, lorsque le protocole inter-réseaux avait été séparé du protocole de transmission des données. Dorénavant Arpanet est avant tout un projet universitaire et se nomme Arpa-Internet, le volet militaire étant désormais indépendant et nommé MILNET.

Enfin, du côté législatif, quelques « nouveautés » sont aussi au rendez-vous à l’aune des 1er janvier qui suivent.

1er janvier 1996 : Entrée en vigueur du quota des 40 % de musiques francophones

Afin de promouvoir la musique francophone, une loi est mise en vigueur le 1er janvier 1996. Elle oblige les stations privées à diffuser au moins 40 % de musique française ou de nouvelles productions, pour la part quotidienne de leur programme composée de musique de variété. Parmi ces 40 %, 20 % des œuvres musicales émises doivent être consacrées aux jeunes talents ou à de nouvelles productions. Les radios communautaires ou spécialisées dans la musique classique étaient toutefois exemptées de cette règle mais les autres particularités n’étaient pas prises en compte (radios jazz, radios rétros...). Cette loi s’est peu à peu transformée. En 2010, les radios centrées sur le patrimoine musical étaient tenues de passer 60 % de musique francophone, mais seulement un titre nouveau par heure.

D’un autre côté, les radios centrées sur la nouveauté pouvaient se contenter de 35 % à condition qu’un disque sur quatre diffusés sur leurs antennes soit une nouveauté francophone. Cependant, le quart de nouveaux talents francophones a fini par être le même pour tout le monde et seulement quinze disques représentant à eux seuls 90 % des nouveautés françaises étaient au final diffusés la même année.

1er janvier 2002 : Institution de l’euro

Le 1er janvier 2002, dans douze États européens, les billets et les pièces en euros commencent à circuler et à remplacer les monnaies nationales, progressivement retirées de la circulation : l’escudo portugais, le florin des Pays-Bas, le franc belgo-luxembourgeois, le franc français, le mark allemand, le mark finlandais, la lire italienne, la livre irlandaise, la peseta espagnole, le schilling autrichien, la drachme grecque disparaissent. Depuis ce lancement, cinq pays européens supplémentaires ont adoptél’euro : la Slovénie, Chypre, Malte, la Slovaquie et l’Estonie.

1er janvier 2009 : Naissance de l’auto-entreprenariat français

Le 1er janvier 2009 naît en France le régime de l’auto-entrepreneur pour lequel il n’est plus nécessaire de s’inscrire au registre du commerce (sauf pour les activités artisanales) si le chiffre d’affaires (CA) est inférieur à 32 600 euros par an, pour les entreprises de services, et 81 500 euros pour les entreprises de vente. Dans le cas où le chiffre d’affaires annuel n’atteint pas ces seuils, le calcul des charges sociales et des impôts s’il s’agit d’une entreprise de services sera de 23 % et de 13 % pour les entreprises de ventes. Ce statut est ouvert aux activités commerciales, artisanales (mais déclaration supplémentaire à effectuer à la chambre des métiers), libérales, ainsi que sous certaines conditions,

aux fonctionnaires (dont les activités commerciales étaient interdites jusqu’à maintenant) pour une durée de deux ans. Pour l’année 2012, le chiffre d’affaires maximum autorisé pour un auto-entrepreneur est de 83 200 euros pour la vente de marchandises et 33 300 euros pour les prestations de service.

1er janvier 2012 : Mise en application du blocage de sites de jeux en ligne

Les modalités du blocage des sites de jeux illégaux, prévu par la loi du 12 mai 2010 sur l’ouverture du marché des jeux d’argent et de hasard, a fait l’objet d’un décret d’application paru ce 1er janvier au Journal officiel. Ce décret dispose que les fournisseurs d’accès à Internet (FAI) pourront être indemnisés des coûts engagés pour ce blocage par l’Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel), chargée du contrôle des jeux et paris en ligne. L’article 61 de la loi du 12 mai 2010 prévoit en effet que lorsque l’arrêt de l’accès à une offre de pari ou de jeux d’argent et de hasard en ligne a été ordonné par le président du tribunal de grande instance de Paris, les fournisseurs d’accès à Internet et les hébergeurs de site doivent procéder à cet arrêt.

Le décret prévoit l’utilisation par les FAI du blocage par nom de domaine.


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