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Monsieur M, Dérives est une exploration autour de l’agenda 1968 de Monsieur M proposée par Isabelle Berteletti, musicienne, réalisatrice, Laurent Cibien, réalisateur et journaliste, Pierre Commenge, créateur numérique, Sophie Coursimault, graphiste, Catherine Lenoble, auteure multimédia, Tanguy Nedelec, plasticien et scénographe, Marc Perrin, écrivain, et Natascha Rudolf, metteure en scène.

L’agenda 1968 de monsieur M

Un petit agenda noir retrouvé, après le décès de son propriétaire, dans une maison de Montreuil. Sur cet agenda, celui de l’année 1968, une fine écriture : jour après jour, Monsieur M, 41 ans, vieux garçon vivant chez ses parents, ouvrier-cartographe à l’Institut Géographique National, raconte, sans passion ni sentiment, les évènements de sa vie.

En 2011, Isabelle Berteletti et Laurent Cibien ont achevé la réalisation d’un film documentaire de 55 minutes, Monsieur M, 1968, né de la découverte de cet objet singulier.

À la suite de la réalisation du film Monsieur M, 1968, Monsieur M, Dérives se propose de réouvrir l’agenda 1968 de Monsieur M, et de poursuivre avec lui une exploration interrogeant les rapports entre ce qui s’y est écrit et le présent de nos vies.

« Ce qui est donné à lire dans l’agenda 1968 de Monsieur M convoque en effet une variété inépuisable de sujets. Présence au monde. Rapports que nous entretenons avec le politique. Manières que nous avons d’habiter les espaces où nous vivons, où nous travaillons. Quelle vie. Quel travail. Quel engagement. Quel retrait. Quels perceptions et ressentis à l’égard de l’écoulement du temps. Comment nos vies et nos corps se déplient ou se replient dans l’ordre et le désordre de nos intimités, dans l’ordre et le désordre de notre société. Questions intemporelles. Questions toutes contemporaines, que nous souhaitons travailler et partager avec d’autres personnes, d’autres publics, et sous d’autres formes que le film déjà réalisé. L’agenda 1968 de Monsieur M est l’objet inspirant, point de départ des dérives proposées aux artistes, aux habitants et aux spectateurs, explique le collectif.

« Avec son soin maniaque de tout noter et ses obsessions d’ouvrier-cartographe, Monsieur M reporte sur son agenda ses parcours à pied dans la ville, rue après rue. Depuis son domicile, rue Dombasle à Montreuil, jusqu’à son lieu de travail, l’Institut Géographique National, avenue Pasteur à Saint-Mandé, Monsieur M a son parcours habituel, mais selon son humeur, selon le temps qu’il fait, selon le temps qu’il a, Monsieur M emprunte parfois un autre itinéraire, dont il note scrupuleusement les variations : “Première fois que je passe par cette rue”). Nous avons relevé et reporté sur un plan tous les parcours effectués par Monsieur M pendant l’année 1968, entre son domicile et son travail. Ils dessinent un territoire dans lequel s’inscriront la plupart de nos interventions et de nos dérives. Monsieur M s’est déplacé dans cette zone principalement à pied, mais également en empruntant le ligne du bus 115, et quelques fois le métro. »
Quelles traces garder dans l’espace même où nos interventions se seront déroulées ? Dans l’espace public, les traces matérielles et concrètes sont destinées à être modifiées, effacées, recouvertes. Penser à l’entretien de certaines de ces traces.

Nous souhaitons mettre en place, dès le début du projet, un site Internet basé sur un plan du territoire dans lequel s’intégreront au fur et à mesure les traces des actions que nous produirons, leur récit, ainsi que leur localisation. Par nature, ces traces sont destinées à être pérennes. Mais comment en assurer la diffusion, la circulation, et surtout la bonne réception ? Comment faire pour que cette pérénnité soit effective, et que ces données ne se retrouvent pas enfouies sous des milliards et milliards d’autres données numériques ? Garder ces données en vie, et faire que d’autres que nous aient la possibilité dans le futur d’explorer le territoire de Monsieur M, et d’y projeter leurs propres territoires intimes ? La question en jeu est de garder ce territoire ouvert. Ouvert : dans le temps. Implicitement, aussi : cette question ouvre le projet sur sa propre continuation, et sur des suites à penser. Ailleurs. Avec d’autres territoires encore.

Tisser des liens entre des espaces pensés comme étant a priori séparés. Par la création d’une application de géolocalisation pour smartphone, ou par la création d’un outil numérique autonome nous mettant en action, et nous invitant au déplacement dans l’espace réel. Une application, un outil : permettant d’identifier les lieux où telle ou telle intervention s’est déroulée. Avec possibilité d’avoir accès à une trace de l’intervention lorsque l’on est précisément à l’endroit où l’intervention a eu lieu. Ici le numérique invite à un déplacement, une marche, une recherche d’un lieu dans l’espace réel. Hypothèse de traces contenues dans des clés usb disséminées dans l’espace public (projet Dead Drops)…

En ce mois de juillet, la Maison populaire accueille le collectif en résidence pour une première étape de travail présentée en septembre sous la forme d’une exposition.

Lors de la phase de développement du projet (juillet-septembre 2012), ces hypothèses de travail seront ainsi testées in situ. Une première étape exploratoire composée de réflexions, de visites des lieux cités au sein du carnet 1968, d’arpentages et d’échanges.

Quatre axes de travail seront ainsi abordés :
- le déplacement (marches, parcours) ;
- ce qui arrête (l’événement) ;
- ce qui oriente le déplacement (signalétique, but) ;
- la représentation du territoire.

Ces axes produiront la matière nécessaire à la création du territoire numérique de Monsieur M.

Un projet produit par L9T (Ligne 9 Théâtre) avec le soutien du Dicream.

Qui sont-ils ?

Isabelle Berteletti

Après avoir fait des études musicales classiques de piano et de percussion aux CNR de Grenoble et de Versailles, elle commence en 1980 à travailler dans divers ensembles de musique contemporaine et participe à plusieurs créations et enregistrements de disques. Parallèlement, elle joue très régulièrement avec l’orchestre national de France ainsi qu’avec l’orchestre de l’opéra de Paris, jusque dans les années 90. En 1986, elle fonde le quatuor Hêlios (ensemble de percussions) avec J.-C. Feldhandler, Florent Haladjian et Ninh Lê Quan. Elle crée une vingtaine de pièces avec différents compositeurs et enregistre sous son nom trois disques. Elle pratique l’improvisation libre depuis 2000 et participe à différents spectacles mêlant musique, cinéma expérimental, vidéo, danse, théâtre… Elle a réalisé avec Laurent Cibien le film Monsieur M, 1968, sorti en 2011, dont elle signe également la composition et l’interprétation musicale. Elle travaille actuellement avec Gaelle Rouard sur un projet de spectacle pour enfants mêlant cinéma expérimental, son, musique et scénographie.

Laurent Cibien

Diplômé du Centre de formation des journalistes (Paris), Laurent Cibien débute comme journaliste et grand reporter. Pour Arte, surtout, mais aussi France 2, il parcourt la planète, du Mali au Pôle Nord, de Detroit (USA) à Nauru, des Philippines à l’Argentine. Il obtient le prix de l’enquête au Festival de Journalisme d’Angers pour un travail sur le Rwanda et figure dans la liste finale du Prix Albert-Londres en 2002. Parallèlement, il développe ses propres films documentaires, sélectionnés dans de nombreux festivals. En 2011, il réalise Monsieur M, 1968 avec Isabelle Berteletti. Actuellement, il prépare, pour France 5, le troisième volet d’une trilogie consacrée aux Kanak de Nouvelle-Calédonie face à la mondialisation économique.

Pierre Commenge

Pierre Commenge a suivi des études d’architecture. Créateur numérique, il utilise les langages de programmation, les algorithmes et les systèmes numériques comme matière et travaille avec Echelle Inconnue sur la ville, l’espace et le territoire. Il fonde en 2008 codelab.fr, communauté francophone sur la programmation créative et l’expérimentation électronique.

Sophie Coursimault

Sophie Coursimault a suivi des études d’arts plastiques puis de graphisme. Aujourd’hui, graphiste indépendante à Paris, son travail personnel s’axe principalement autour du graphisme poétique de la cartographie, une approche du territoire entre « à hauteur d’homme » et « vue du ciel »... Elle fabrique et tient ainsi ses « agendas » depuis environ 7 ans. Elle est également membre graphique et festif du collectif l’Impossible, l’autre pas.

Catherine Lenoble

Catherine Lenoble explore l’écriture dans un environnement digital, à l’épreuve du réseau, du temps réel, de l’évaporation de la notion d’auteur. Elle publie son premier roman, petitBain en 2010, une méta-narration développée sous de multiples formes (livre, site web, lecture-performance, installation, sérigraphie). A Nantes, elle est active dans des collectifs (éditions à la criée, revue Ce Qui Secret) , membre d’associations extra-ordinaires (PiNG, Les Chiens de l’Enfer, Wonderground) et s’aventure volontiers dans des collaborations (atelier, résidence, performance en réseau).

Marc Perrin

Après des études de cinéma à l’université Paris 8-Vincennes à Saint-Denis, Marc Perrin se consacre à l’écriture. Aujourd’hui Nantais, il écrit des textes à l’intérieur desquels origine et présent cherchent un temps commun pour se donner à entendre. + Vivre. Question de l’événement. Là où se côtoient notre histoire commune, nos histoires éparses. Leurs liens. Politique. Désir. Présence des corps. Parole. Souffle. Lectures publiques et performances viennent prolonger le temps de l’écriture. Il développe cette recherche aussi bien seul qu’à l’occasion de collaboration avec d’autres artistes (Marie Bouts, Benoit Cancoin, Vincent Tholomé…). En 2008, il publie Vers en chant neuf, La Rue blanche et Olibrius. Il est, en 2009 à l’origine de la revue Ce Qui Secret dont il coordonne le projet et publie en 2010 Avoir lieu et Dernier Télégramme. Il écrit également dans les revues Libr-Critique, La Vie manifeste, remue.net, Du Nerf, LGO, Gare Maritime, Ouste, Dixit, 22MdP.

Tanguy Nedelec

Un parcours d’études éclectique entre cinéma, germanistique et sciences sociales a finalement mené Tanguy Nedelec au théâtre. De 1999 à 2006, parallèlement à un apprentissage comme machiniste accessoiriste puis régisseur de scène à la Comédie Française, il concourt au développement d’une friche artistique rennaise, Les Ateliers du Vent. Outre un travail de régie, il collabore également à des productions comme scénographe, au théâtre pour Benoît Sicat, Natascha Rudolf, Luc Jaminet notamment, d’expositions pour Périscopage (les rencontres de BD indépendante de Rennes), ainsi que des festivals organisés par Les Ateliers du Vent. Il participe à la création du collectif L’impossible, l’autre pas, au sein duquel il initie des rencontres biannuelles artistives et festiques. Enfin, il conçoit et réalise dans le cadre d’expositions collectives, des installations-performances comme INRI un mystère d’aujourd’hui, La Pommade, Le Tardigrade, Vigilance-Propreté. Depuis 2008, il assure la régie générale des Laboratoires d’Aubervilliers.

Natascha Rudolf

Natascha Rudolf a fait des études de germanistique, de théâtre et d’art-thérapie à la faculté de médecine et s’intéresse depuis toujours aux questions de la marge, de la normalité et de ses débordements. A la « parole » sous toutes ses formes et au mystérieux « quidam » qui est en chacun de nous. Après des années de comédienne en France et en Allemagne, elle s’installe à Montreuil. En 2001, elle y crée la compagnie Ligne 9 Théâtre. Depuis 2001, ses mises en scène osent les mélanges : professionnels et non professionnels s’y côtoient régulièrement. Des gens rencontrés, choisis, désirés, pour des projets à chaque fois différents. Il en va de même pour les lieux où ses spectacle ont lieu. Ils ont pu se dérouler au fond d’une cuisine collective de l’Essonne, dans un HP de Créteil, dans un CAT à Belleville, dans une classe de lycée technique, mais aussi au Théâtre Vidy à Lausanne, à la MC93 de Bobigny, au festival Musiqu’action de Vandoeuvre-Les-Nancy, à la scène conventionnée de Saint-Benoît de la Réunion, à l’Echangeur de Bagnolet, à la scène nationale de Saint-Quentin en Yvelines... Dernièrement, elle a monté La Contrebasse de Patrick Süskind avec le comédien et contrebassiste Hubertus Biermann. Elle a travaillé en compagnonnage avec l’écrivain de théâtre Noël Casale et mis sur pied un projet artistique et citoyen Iphigénie à Versailles, avec 32 Montreuillois issus de la société civile et 10 comédiens professionnels. Soir Bordé d’or est son prochain projet qu’elle porte avec Hubertus Biermann.


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