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Ayant cette fois-ci invité Vincent Roudaut, développeur et designer d’interaction, à parler de cette problématique auprès de collégiens, j’ai donc rédigé ce court article pour partager à la fois intervention et informations.

Du libre dans les objets

En guise d’introduction, voici un extrait de l’article Do It Yourself : du libre dans les objets publié sur insite.coop.

« L’idée de production libre prend ses sources dans l’informatique. Dans les années 90, des techniciens décident de rendre des sources de programmes accessibles à tous. Chacun peut ainsi apporter sa contribution, permettre au logiciel d’évoluer, à condition de partager les fruits de ses recherches. Cette philosophie de partage de l’information et d’interconnexion des utilisateurs se répand peu à peu dans d’autres domaines que l’informatique pure. Désormais, le “libre” sort des sphères virtuelles pour être employé dans le monde physique. (...) On parle alors de Do It Yourself (DIY) et d’Open Source Hardware. L’objet devient “libre”, un produit librement reproductible et modulable dont la documentation technique est également en libre accès. L’idée est de faire passer en bien commun tout une série de savoir-faire. »

Le hacking comme détournement créatif de la technologie

Vincent Roudaut est un informaticien industriel qui a métissé ses compétences avec l’art et le design. Sa pratique de détournement utilise matériaux ou objets technologiques comme point de départ à l’imaginaire. Menant à la fois des recherches personnels et s’impliquant dans des projets collectifs, il collabore régulièrement avec de nombreux artistes. Dans le cadre du projet Hacking Hardware mené par Benjamin Gaulon, artiste, Thierry Ledemé, enseignant en technologie, et la Maison populaire auprès d’une classe de 4e, il a conduit une réflexion avec les élèves autour des pratiques du détournement et de la démarche créative.

Moppy est un programme de contrôle musical pour lecteurs de disquette. Basé sur l’open source, toutes les informations sont mises à disposition ici : https://github.com/SammyIAm/Moppy

zx80 Music a été réalisé avec une télévision Finlandia, une imprimante matricielle Epson LX-86, un oscilloscope 9A/SLK, un scanner HP ScanJet 4c, des disques durs, des hauts parleurs et de l’ordinateur 8 bits zx80 spectrum. Pour en savoir plus sur les codes du zx80 : http://www.wearmouth.demon.co.uk/zx...

Concept sous les projecteurs aujourd’hui en France, de nombreux réseaux d’artistes, scientifiques, geeks, designers ou simples curieux se sont toutefois créés depuis de nombreuses années avec pour point commun de mettre en avant la création et la réappropriation technologique dans une approche toujours ouverte et informelle, décentralisée et autonome.

Hackerspaces

Les hackerspaces trouvent leurs racines dans la contre culture des années 60 et les mouvements autonomes. Ce sont « des lieux protéiformes regroupant des personnes d’horizons différents dans l’objectif de produire des projets, de nouvelles idées et de les partager », nous dit Fabienne Eychenne dans son article Qu’est-ce qu’un Hackerspace ?. « Les technologies et le numérique sont utilisés comme levier. Les activités liées aux différents hackerspaces peuvent varier par rapport aux lieux, aux cultures, aux personnes qui portent le hackerspace.

Les hackerspaces fonctionnent généralement à travers des workshops, des présentations et des cours. Ils proposent des espaces afin que leur membres travaillent sur des projets personnels, collaborent avec d’autres groupes et d’autres projets. Apprendre et partager sont au cœur de l’écosystème des hackerspaces. »

Ce sont ainsi des lieux qui permettent le croisement de personnes venant d’horizons culturels et techniques très divers, autour de l’utilisation créative des technologies, leur appropriation et la compréhension des enjeux qu’elles suscitent.

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Piksel

Piksel est un événement annuel à la croisée de l’art et des cultures du libre, l’occasion pour des artistes, programmeurs, bricoleurs et autres amateurs de plus d’une douzaine de pays d’échanger des idées sur l’esthétique et la politique du libre et de l’open source, de présenter des projets artistiques et des logiciels. Ateliers, présentations, débats, expositions et performances s’y enchaînent ainsi pendant plusieurs jours.

Cet événement s’inscrit dans le mouvement open source comme une stratégie pour reprendre le contrôle artistique de la technologie, mais aussi un moyen pour attirer l’attention sur les liens étroits qui unissent art, politique, technologie et économie.

Organisé pour la première fois en novembre 2003 à Bergen, en Norvège, il rassemblait déjà près de 30 artistes et développeurs de toutes les régions du monde. Un des résultats de cet événement fut l’initiation de la Piksel Technologies pour l’interopérabilité entre les différentes applications traitant des techniques de manipulation vidéo.

Piksel est aujourd’hui organisée par une communauté de participants et de membres de différents collectifs tels dyne.org, goto10, ap/xxxxx, apo33, hackitectura.net, riereta.net, drone.ws, gephex... Il est lui-même acteur du réseau Pixelache, réseau de festivals d’art électronique.

Maker Faire

Je vous avez déjà parlé des Dorkbot, ces rencontres, ateliers, présentations... nés en 2000, à New York, sous l’impulsion de Douglas Repetto, directeur de recherche du centre de musique par ordinateur de l’université de Columbia. Aussi, vais-je maintenant mettre l’accent sur les Maker Faire, ces évènements qui rassemblent familles et particuliers afin de célébrer l’esprit Do It Yourself (DIY) et permettent de présenter toutes sortes de projets incroyables.

Un Maker Faire se conçoit comme un temps de présentations et d’échanges, dans l’idée de créer des collaborations entre « Makers ». C’est un événement lié à l’apprentissage pour que chacun, quel que soit son âge, puisse oser fabriquer, présenter ses idées et se connecter localement à des projets.

Les événements Maker Faire ont commencé en 2006 à San Mateo, en Californie, à l’initiative de Make Magazine. Des événements similaires de grande envergure ont été organisés par la suite à Austin, Detroit et New York. Cependant, l’idée d’un Maker Faire est de pouvoir se générer à n’importe quelle échelle aussi existe-t-il aujourd’hui de nombreux « mini Maker Faire ».


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