Accueil du site > Diffusion > Rheum Nobile - Julie Morel

Première publication : 5 avril 2011 sur Maison populaire.

Mise en ligne : 12 mai 2011.

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Rheum nobile est un principe de travail qui permettra d’expérimenter un ensemble de dispositifs interactifs qui interrogent la matérialité du réseau, par le biais de la lumière artificielle.

Si pour Marshall McLuhan la lumière artificielle est un médium qui ne dit rien mais qui est « capable de créer un environnement par sa seule présence », elle est aussi, pour peu qu’on l’éteigne un instant, révélatrice de l’absence liée à la pratique du réseau.

Travaillant à partir des pratiques numériques, de la vidéo, de la photo et du dessin, Julie Morel s’intéresse particulièrement au caractère sensible des technologies : couplage mémoire informatique / mémoire humaine, manques et accidents créés par le transcodage.

Ses recherches sont parfois orientées autour de la traduction, et souvent dirigées vers le texte qu’elle envisage comme une image temporelle et dont elle se sert pour produire des récits sous forme de dessins, d’installations interactives, vidéos linéaires et générateurs de textes dyslexiques. Ces productions, où le texte acquière une dimension plastique toujours à la limite de la visibilité/lisibilité, nous font nous demander si l’on en est au commencement du mot et de la narration ou à l’effacement final. Son travail, alimenté par une volonté d’interroger les relations quotidiennes qu’entretient l’Homme avec la technologie, déborde largement du contexte des arts numériques et se développe aussi sous forme de performances, installations et collaborations.

Son implication artistique se prolonge par la participation au collectif incident.net depuis 1998, la co‐programmation et l’organisation des conférences The Upgrade ! Paris, la création du festival K3 Manifestation (Lorient) et le commissariat de Géographies variables, programme d’échanges croisés pour artistes français et québécois financé par le Consulat général de France à Québec qui questionnent le réseau.

En résidence à la Maison populaire de Montreuil pour un an, Julie Morel y poursuit ses recherches, qui seront dans un premier temps très expérimentales. Trois installations principales seront développées, qui interrogeront nos mécanismes de perception et la façon dont la lumière peut influencer l’appréhension des lieux que nous pratiquons.

- Le site de Julie Morel

Le projet Rheum Nobile s’accompagnera de rencontres, ateliers et projections qui viendront ponctuer le temps de résidence, et d’une extension sous forme de site internet et d’une publication qui viendront vers la fin de la résidence (au printemps 2012). Les installations quant à elles couvriront divers territoires.

Rheum Nobile (espace public)

Le titre de ce projet de résidence vient de la plante éponyme, qui vit uniquement entre 4 000 et 4 800 m d’altitude. C’est une espèce extraordinaire de rhubarbe, tout droit tiré d’un film de science fiction : haute de 1 à 2 m, elle culmine au-dessus de toutes les rares herbes de son habitat et est visible à plus d’un kilomètre. Ses feuilles translucides ont la propriété d’arrêter sélectivement les rayons ultra-violets et de laisser passer toute la lumière visible, permettant le développement des fleurs ainsi protégées du rayonnement intense que l’on trouve en haute altitude.

La proposition portant ce nom est une série de photographies de cette plante affichée dans une dizaine de sucettes JC Decaux équidistantes d’un 1 km, entre la Maison populaire (Montreuil) et la Fonderie de l’image (Bagnolet).

NB : Dans le cas où le partenariat en cours de négociation avec JC Decaux n’aboutirait pas, l’affichage s’effectuera sous forme de sérigraphies collées sur les panneaux associatifs des deux villes jalonnant le parcours.

Light my fire (espace d’exposition)

Light my fire est une pièce blanche très lumineuse dont les murs sont couverts à certains endroits d’un ensemble de textes relatifs à la notion de dépense, sérigraphiés en blanc sur blanc (encre phosphorescente) et donc très difficilement lisibles.

Grâce à un chronomètre, la lumière s’éteint à intervalle régulier (2 min environ – temps à préciser) et permet aux spectateurs de découvrir les textes qui deviennent lumineux dans le noir. Lentement, les textes s’effacent (grâce aux propriétés de l’encre phosphorescente) jusqu’au moment où le texte devient totalement invisible. Cette installation sera présentée à la Fonderie de l’image de Bagnolet.

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Test de visualisation d’une sérigraphie
Sweet Dream (espace d’exposition et espace privé)

Cette installation interactive se présente en deux lieux géographiques distincts. Une salle d’exposition à la Maison populaire où deux petites touches extraites d’un clavier d’ordinateur : « Sleep » et « Wakeup » sont incrustées dans le mur, et sur lequel les visiteurs peuvent appuyer. Les deux touches se situent à hauteur de la main, de sorte que les visiteurs peuvent appuyer dessus. Ces touches, par le biais d’internet et d’un programme informatique, sont reliées à ma lampe de chevet, dans mon appartement. Ainsi, pendant toute la durée de l’exposition, les visiteurs ont tout loisir de contrôler l’allumage et l’arrêt de ma lampe, de jour comme de nuit.

Cette proposition a déjà été expérimentée. Le but de cette ré-installation est de proposer des rencontres et discussions dans le lieu de réception de l’interaction (appartement de l’artiste, 5 personnes maximum).

Autour de la résidence

- Electric Mind : vendredi 27 mai 2011 à 20 h 30
Une soirée de projection et de rencontre autour de vidéos d’artistes qui questionnent la fée électricité et la lumière artificielle présenté par Damien Simon, programmateur du festival Cultures Electroni[k] et du Bon Accueil de Rennes, et Julie Morel.

- Quelle place de la technique dans l’art ? : samedi 22 octobre 2011 à 11 h 30
Rencontre-débat : présentation du travail de l’artiste et conférence de Claire Grino (philosophe, université de Laval – Québec).

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Partition, Julie Morel, 2010

Et à venir

- Science fiction, anticipation et le réseau : samedi 12 mai 2012
Upgrade ! Paris : Organisation d’une session de conférences autour de la science fiction, l’anticipation et le réseau. Trois artistes explorant sur des thématiques proches de Rheum Nobile présenteront leur travail.

- du lundi 7 mai au mardi 15 mai 2012
Visite-atelier en direction des élèves de primaire et secondaire pour aller à la rencontre du travail engagé par l’artiste proposant une rencontre avec l’artiste suivie d’une mise en pratique multimédia permettant de développer l’un des axes abordés lors des échanges.

Cette résidence est soutenue par le Conseil général de la Seine-Saint-Denis. Un temps d’exposition en partenariat avec la Fonderie de l’image de Bagnolet.


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