Accueil du site > Blog > Zoom sur le Générateur Poïétique d’Olivier Auber

Un jeu massivement multi-joueurs extrêmement sérieux présenté par une collecte de copier-coller de textes d’Olivier Auber et pour une collecte de fonds.

Générateur Poïétique... Derrière ce nom étrange se cache une expérience collective et très enrichissante pour les enfants de 7 à 77 ans. Le Générateur Poïétique propose simplement de dessiner en temps réel à plusieurs sur une même image. Oui, mais pas n’importe comment : les règles minimales du Générateur Poïétique permettent qu’un dessin global s’auto-organise effectivement petit à petit avec des dizaines ou des centaines de participants comme l’ont déjà montré les premières expériences menées sur différents réseaux...

Petite histoire du Générateur Poïétique

L’idée du Générateur Poïétique est née en 1986, alors qu’Olivier Auber concevait des expositions et des installations interactives pour divers musées, la Cité des sciences en particulier. Le déclic s’est précisément produit à la lecture de SIVA, un livre de Philip K. Dick qui constituait la trame d’un opéra de musique contemporaine composé par Tod Machover du MIT-Medialab qu’il assistait à l’époque.

En s’appuyant sur les premières expériences réalisées dans le cadre d’expositions artistiques, le Générateur Poïétique s’est transformé peu à peu en un projet à long terme selon trois axes : développer un outil libre et non-commercial dédié à l’interaction graphique collective en réseau, à la recherche sur les phénomènes collectifs temps réel, et à la réflexion philosophique.

L’indépendance est un chemin difficile. Les progrès furent lents. Mais grâce à l’appui et aux contributions de nombreuses personnes et dans une moindre mesure de quelques institutions et sociétés, le concept s’est matérialisé.

Avant que l’Internet n’existe tel qu’on le connait aujourd’hui, le Générateur Poïétique a été présenté dans des configurations locales en s’appuyant sur le système français du Minitel. Il a été ainsi présenté au centre Georges Pompidou en 1990 (exposition Communication et monumentalité) puis à la Cité des sciences et de l’industrie en 1992 (exposition Machines à communiquer). Quelques années plus tôt, en 1988, il fut aussi le concept majeur d’un projet de « monument de la communication » et l’un des septs lauréats du concours du symbole France-Japon organisé par Philippe Quéau.

Le Générateur Poïétique et Mbone

En 1995, plusieurs chercheurs de l’École nationale supérieure des Télécommunications (ENST, Paris) et l’école elle-même contribuèrent au projet en même temps que d’autres chercheurs indépendants et que Sun Microsystems. La première mise en œuvre sur l’Internet fut ainsi réalisée sur le MultiCast Backbone (Mbone), ce qui permit de réaliser pour la première fois au monde une expérience planétaire d’interaction collective synchrone acentrée.

La version pour le Mbone a été présentée en avant première aux états généraux de l’Écriture multimédia organisés par l’association Art3000 à la vidéothèque de Paris en 1995. La même année, le Générateur Poïétique a reçu le premier prix Art et science décerné par l’association ArsTechnica / ARSLAB et la ville de Turin.

Malheureusement, malgré des débuts prometteurs qui ont révélé son immense potentiel, le Mbone ne s’est pas ouvert au grand public. C’est en désespoir de cause, qu’une version pour le web a été développée en 1997 afin de rendre le Générateur Poïétique accessible à tous.

Une « recherche-action »

Un grand nombre d’expériences ont été menées depuis lors. Malgré la limitation technique du nombre de participants inhérente à l’existence d’un serveur central, elles ont montré les capacités morphogénétiques du dispositif. Cela n’est que la première épape d’un long travail de mise au point et d’expérimentation d’un instrument opérationnel de recherche sur les phénomènes collectifs...

Le Générateur Poïétique est une sorte de modèle des « réseaux sociaux » que nous pratiquons tous de plus en plus (Facebook, Twitter...). Il s’en démarque, d’une part, parce qu’il n’a aucune vocation commerciale, d’autre part, parce qu’il donne à voir à tous comment ces réseaux fonctionnent... Cela explique pourquoi le Générateur Poïétique est la base d’une « recherche-action » au long court, à caractère à la fois artistique et scientifique.

Depuis plusieurs jours, un appel à contribution financière est donc lancé pour permettre le développement d’une version mobile du Générateur Poïétique. Il prendra fin le 24 avril 2011. Il n’est donc pas trop tard !

Évolution et préservation

Comme le dit Anne Laforet, chercheuse spécialisée sur la conservation des œuvres de net-art, dans son article Digital Art and preservation, « être en mesure d’expérimenter des œuvres numériques des années après leur création peut devenir un défi : les ordinateurs et autres matériaux peuvent être obsolètes, le code devenu illisible par des machines plus récentes... »

Ici, il ne s’agit pas simplement de préserver ou encore de restaurer le Générateur Poïétique mais aussi de lui permettre de continuer à évoluer dans la continuité de son essence.

Il s’agit de fournir des moyens à des développeurs talentueux pour réaliser ce « jeu massivement multi-joueurs extrêmement sérieux » que tout le monde pourra pratiquer gratuitement sur son mobile et sur le web. Pourquoi est-ce si sérieux ? Parce qu’il est libre et qu’il permet de comprendre, sans grands mots ni grandes théories, comment fonctionnent les « réseaux sociaux » et bien d’autres choses encore...

Grâce à vous, c’est peut-être des milliers de personnes à l’œuvre qu’il nous sera donné de contempler sur une même image... qui, si tout va bien, pourrait être projetée en juin quelque part dans Paris dans le cadre de Futur en Seine si les organisateurs de cette manifestations rendent cela possible.

Comment sera utilisé l’argent collecté ? Quelles évolutions ?

Dans un premier temps, les bases de l’application mobile seront réalisées, à savoir un serveur et une interface universelle en HTML5. Les logiciels réalisés grâce à vous seront publiés sur une plate forme de développement communautaire de type github dans le but de favoriser des évolutions ultérieures par tous les développeurs intéressés, notamment dans le sens d’une architecture distribuée P2P, Mesh...

Des liens pourraient aussi se tisser avec des projets développés dans le même esprit (FreedomBox, Telehash...).

NB
Le Générateur Poïétique dans sa version actuelle :
- Version multicast en téléchargement : ftp://ftp.enst.fr/pub/network/multicast/gp/gp.tar.gz
- Version unicast en téléchargement : http://perspective-numerique.net/SO...

Une zone d’autonomie permanente

L’ensemble du projet est développé sous couvert de la licence Art Libre. En cela, non seulement, chacun peut y participer, mais l’autorisation est donnée de copier, de diffuser et de transformer librement l’œuvre (les images mais aussi le logiciel) dans le respect des droits d’auteur. Par exemple, chacun peut utiliser l’image comme bon lui semble, pour l’étudier ou pour la projeter chez soi ou dans la ville, mais personne n’en aura l’exclusivité, pas même nous...

En tout, vous l’aurez compris, le Générateur Poïétique propose de tester les conditions d’existence d’une « utopie concrète » : un code libre et une image libre sur un réseau libre !

Soutenir le Générateur Poïétique

Votre participation est 1 € ou plus
Recevez en échange absolument tout dans le respect de la licence Art Libre. Bien entendu, vous serez tenus au courant des avancées du projet et invités à tester les premières versions sur votre mobile.

Votre participation est 10 € ou plus
Recevez en échange absolument tout aussi, dans le respect de la même licence, car l’argent n’a pas à être roi. Comme tous les mécènes du projet, vous pourrez beta-tester l’application et vous serez invités à donner vos suggestions d’améliorations.

Votre participation est 100 € ou plus
Recevez en échange exactement la même chose que les autres suivant les mêmes conditions. De plus, lors d’une rencontre des mécènes que nous organiserons, vous pourrez réaliser des impressions papier de l’image et les dédicacer vous-mêmes, car c’est vous les artistes !

Votre participation est 1000 € ou plus
Recevez en échange absolument tout mais rien de plus, car celui qui a les moyens de contribuer pour ce montant est déjà suffisamment vernis. Si vous le désirez, votre nom figurera dans le code source du programme et sur le site web du projet.


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